Moi, mon gras et les autres.

« Être gros c’est la dette »

Comment résumer en une phrase le mood de tout une vie.

Aussi loin que je m’en souviennes j’ai toujours été grosse ! Oui n’ayons pas peur d’utiliser les mots qui fâchent. Pas curvy, potelée, ronde, grassouillette, forte non juste GROSSE.

Autant quand tu es enfant, les termes utilisés sont plus ou moins « doux », j’étais toujours le nounours de quelqu’un, tu sais la petite boule que tout le monde trouve mignonne avec ses dents en moins. Si bien que je revendiquais mon côté « potelée ». Mais dès l’adolescence, j’ai très vite compris que ce serait « une dette » .
Une dette envers qui ? La société, mamounette, les copains de classe, le prof de sport, les médecins, les crush … mais surtout envers moi-même.

Je ne sais pas ce qui était le pire  à cette période ?

  • Etre choisie en dernière en sport ou devoir TOUJOURS faire le porteur en acrogym, heureusement qu’il me restait la natation
  • Le » tu es jolie mais que tu serais encore mieux avec 10 kilos » en moins ou « tu as un joli visage », genre si tu es grosse tu peux pas être belle
  • S’habiller à 14 ans dans les mêmes magasins que ta mère parce qu’il n’y a plus ta taille chez jennyfer, oui à l’epoque le 42/44 n’existait ni chez jennyfer ni chez Pimkie
  • Le regard des gens quand tu veux juste manger comme tes copines mais toi tu ne devrais pas « t’empiffrer comme ça »
  • Le médecin qui t’annonce ton IMC d’obèse chaque année
  • Les remarques de mamounette connue pour sa grossophobie ( je t’aime maman)

Combien de régimes ont commencé a cause d’une remarque bête et méchante ? Je me souviens de ce « de toute façon je n’ai pas de remarque à recevoir d’une grosse » en terminal. Le cycle infernal reprenait : larmes, régime, sport pour au final de pas s’aimer et regrossir.

Puis la période des études est arrivé, le départ de chez maman, je me sentais au moins libéré d’un poids. Le poids le plus difficile pour moi à porter : le poids des mots. Un certain équilibre s’était construit malgré les kilos du chill et de la découverte du kébab d’après cuite.

Mais comme l’équilibre n’est jamais acquis, une fois de plus, une fois de trop, il fallait que tout re-bascule.  L’événement qui fait que : le déclic de beaucoup de filles, celui qui fait mal : la rupture !
Ce déclic a été violent ! Du jour au lendemain je me remettais au sport et au régime dukan : la star des régimes de l’époque !
Résultat des courses en 6 mois j’avais perdu 17 kilos et 3 bonnets de soutifs, je passais d’un 44 a un petit 38 et un IMC inférieur à 25. J’étais ENFIN de corpulence normale.
Mais c’était aussi le retour de « la dette », la dette la plus chère : celle envers moi même ! Pourquoi en étant enfin « normale », je ne me sentais pas mieux ?

La confiance en soit n’était donc pas inversement proportionnelle au poids ?

Moi qui pensais que moins de kilo = plus de confiance en soi ! J’étais (choquée et) déçue.

Depuis ce jour, je me suis promis de faire les choses pour moi, de maigrir pour moi mais les vieux démons ont la vie dure.

Une personne grosse n’est pas nécessairement en mauvaise santé. Donc arrêtez de vous cacher derrière cette excuse lorsque vous faites des remarques.

Mais sinon…

A quel moment vous nous laissez vivre ?

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