1 an

Chose promise chose due.
J’ai repoussé cet exercice pendant longtemps parce qu’à vraie dire je ne savais pas par où commencer ni réellement quoi dire.
Ce serait mentir de dire que cette année a été de tout repos mais je me suis demandé s’il y avait réellement matière à écrire dessus.
Je me suis demandé de quoi je devrais parler : de la vie à Moanda (je vis dans un cocon ici)? De mon travail ( je souffre d’un syndrome de l’imposteur)? Du Gabon ? Du manque de Uber ?

Si je devais résumer cette année en un seul mot je dirais découverte !

  • Des nouvelles villes : Moanda, Mounana, Franceville, Lastourville, Koulamoutou, Leconi, La Lopé,
  • Des nouvelles rivières : la Mberesse, la Mpassa, L’eau Claire
  • Des nouvelles activités : le train au Gabon, le camping au Gabon, la cabane aux zèbres, la pirogue à Mboungou Badouma, le rallye dans les plateaux Batékes,
  • Des nouveaux fruits : Ntsounou, Kabou, mangou

Je me revois, il y a 5/6 ans, répéter à qui voulait l’entendre que je rentrerais au Gabon en 2020 sans me rendre compte que je prophétisais sur mon futur.

Comme une blague, en mars 2020, j’ai reposé mes valises au Gabon.

Mais le Gabon de 2020 que j’imaginais n’est pas du tout celui dans lequel j’évolue depuis 1 an.
Dans mes plans, il y avait une maison, une vie de famille, Imy et Illy, des dimanches à la pointe, du sable, du soleil mais pas de masque ni de gel hydroalcoolique, de baignades dans la Leyou et de serpents !
Mais dans ce 2020 aux antipodes de mes aspirations, j’ai été heureuse et épanouie !

Tout n’a pas été rose bien au contraire :

  • Ce départ catastrophique pour Libreville puis pour Moanda.
  • Cette première nuit à Moanda où j’ai découvert que la nature était très vivante dans la forêt derrière chez moi.
  • Cette première fois à Ckdo où je me suis demandée comment j’allais me nourrir pendant les prochains mois.
  • Les crises d’eczéma à répétition
  • Le tonnerre
  • Le sens du service légendaire des gabonais et j’en passe !


Malgré tout, à la fin de la journée et même de cette année je ne retiens que le positif !

Et la vie à Moanda ?

Disclairmer : je répète je vis dans un cocon, aseptisé et sécurisé, celui de Comilog et de la cité Cadres.
Ce serait facile de comparer, de dire qu’à Nantes j’avais un meilleur niveau de vie.
Il y avait les transports en commun synonymes d’indépendance.
Les supermarchés : ou je passais 1h à choisir parce que j’avais trop choix
Les bars, les mojitos et les copains etc
Mais j’ai découvert que le Do Mac du dimanche soir n’était pas indispensable à ma survie, que le Maestro du vendredi soir était une tradition remplaçable (Welcome La Guinguette), qu’il était possible de m’habiller sans me racheter des vêtements tous les 4 matins et que je n’allais pas mourir dans d’atroces souffrances si je mangeais des produits périmés ou décongelés/recongelés plusieurs fois !
Maintenant, il y a Tata S et Ya Schumi qui m’accompagnent partout (mais vivement l’arrivée de la Starlet !), il y a Mirna et les petits bonheurs rapportés de Lbv, les cut cut du petit déjeuner, les guinguettes karaoké, les boosters, les bbq et les chenilles (ceci est une blague).
Je suis à deux doigts de vous dire que j’ai adopté un mode de vie minimaliste loin de la société de consommation mais faut pas déconner !

Mais les voyages ne te manquent pas ?

La facilité de partir en un claquement de doigt oui !
Mais c’est très vite effacé par le bonheur d’enfin découvrir le Gabon !
J’ai toujours été frustrée par le fait d’avoir visité plus de villes de France que du Gabon, de ne connaitre que Lambaréné et Libreville, de baver devant chaque numéro de Gabon Magasine.
C’est un plaisir de rayer au fur et à mesure des destinations de ma bucket list spécial Gabon.
Certes les routes ne sont pas praticables, le confort des hôtels parfois sommaire et le GPS pas hyper fiable mais c’est aussi l’aventure ça non ?

Et le travail dans tout ça ?

Deux expressions « on pousse on pousse » et « on me dit va, je va » résument mon année.
S’il y a bien une chose qui me faisait peur en rentrant travailler au Gabon c’était la notion du chef tout puissant qui écrase fait peur voire terrorise.
Moi la petite otangani, j’avais pris l’habitude de tutoyer mes N+1, de les contredire, de leur exprimer mon mécontentement (de manière plus ou moins violente), de refaire le monde avec eux à l’heure de l’afterwork.
J’avais peur perdre tout ça !
Merci petit Jésus, je suis tombée sur une direction ovnie et pour le moment tout va bien dans le meilleur des mondes.
Ils m’ont fait confiance au point de traumatiser, je me demande encore comment je me suis retrouvée à faire certaines tâches.
Je me rends compte qu’au final le plus dur n’a pas été de travailler au Gabon mais plutôt le switch de la vie de consultant à salarié/client.
Ce sentiment récurent de ne rien faire (ou de ne servir à rien) depuis que je ne suis plus une machine à produire : produire du code, de la documentation, des présentations.
Dur d’être satisfaite quand le fruit de son travail n’est pas tangible , quantifiable visible en fait.

Le mot de la fin ?

Si c’était à refaire, je foncerais tête baissée !
Le sentiment de se sentir chez soi n’a pas de prix !
Vivre à 1h de ma famille n’a toujours pas de prix…
Pour tout le reste il y a mastercard !
A tous ceux qui souhaitent vivre l’expérience de « repat ».
Un seul conseil : laisser votre cap de super héros au placard.
Vous n’êtes pas un sauveur, vous n’allez pas tout changer en une fraction de seconde et personne ne vous attend.
Restez humble et montez dans la locomotive (oui c’est bon je sors).

Allez salut !
Bisous de votre moandaise préférée !

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